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CEO / Board Advisory Services

La Succession du Directeur Général dans l’Entreprise Familiale

 




Le choix d’une personne extérieure à la famille pour occuper le poste de directeur général ou tout autre poste de cadre dirigeant dans une entreprise sous contrôle familial est un processus qui comporte son lot de défis, tant sur le plan émotionnel que vis-à-vis du fonctionnement et de la gouvernance de l’entreprise. Dans ce numéro de In Touch with the Board, Clarke Murphy, Président Directeur Général de Russell Reynolds Associates ainsi que notre « Practice CEO Board Services » identifient les facteurs clés que les entreprises sous contrôle familial doivent prendre en compte dans la planification de la relève, et fournissent un référentiel d’aide au diagnostic pour permettre aux conseils d’administration de mener à bien ce processus.

 


Gérer le processus de relève d’un(e) directeur(trice) général(e) et assurer une équipe dirigeante forte constituent la responsabilité ultime du conseil d’administration. Et même si tous les processus de relève et de formation d’une équipe s’avèrent complexes, obligeant le conseil d’administration à prendre en compte de nombreux facteurs parmi lesquels différentes menaces et opportunités stratégiques futures, les performances escomptées des différents candidats, l’influence de son choix sur les capacités du capital humain et de nombreuses autres considérations, certains scénarios de relève d’un(e) directeur(trice) général(e) et d’embauche de dirigeants sont particulièrement éprouvants.

Par exemple, prenons le cas d’une entreprise familale¹ qui décide de rechercher à l’externe un(e) directeur(trice) général(e) ou un(e) autre dirigeant(e). Il peut s’agir du premier recrutement d’un(e) directeur(trice) général(e) ou d’un(e) cadre dirigeant(e) n’appartenant pas à cette famille pour prendre les rênes de l’entreprise, d’une division ou pour assumer une fonction. Ou peut-être que les membres de cette famille ont renoncé au contrôle managérial longtemps auparavant mais sont toujours actionnaires de l’entreprise. Dans chaque cas, la dynamique de la famille, son histoire, sa culture et ses attentes rendent le processus de recrutement du cadre dirigeant encore plus complexe.

Contrairement aux idées reçues, cette complexité recèle une opportunité, celle de puiser dans une force familiale positive à un moment crucial de la transition. Pour y parvenir, les conseils d’administration, avec les dirigeants membres de la famille et/ou les actionnaires, doivent aborder la relève de façon analytique, tant du point de vue de l’état d’esprit que pour le processus lui-même, afin d’équilibrer les atouts et les besoins de l’entreprise, le degré d’implication de la famille, les impératifs du moment pour l’entreprise et le contexte émotionnel de la transition.

L’influence des entreprises familiales

L’aspect pratique de l’organisation de la relève dans les entreprises familiales concerne un nombre de dirigeants et de conseils d’administrations beaucoup plus élevé qu’on ne le croit. Les entreprises contrôlées par une même famille, ou qui appartiennent à une même famille, sont de plus en plus répandues à l’échelle mondiale et leur impact sur les économies nationales augmente sans cesse.

Selon les estimations du Family Firm Institute, les entreprises familiales sont responsables de 70 à 90 % du PIB annuel mondial. En Amérique du Nord, par exemple, la part la plus importante de la fortune américaine est entre les mains d’entreprises appartenant à des familles, celles- ci représentant entre 80 et 90 % de l’ensemble des entreprises commerciales d’Amérique du Nord.

En Amérique latine, la majorité des entreprises brésiliennes sont des entreprises appartenant à une famille et représentent 70 % des plus grands groupes commerciaux brésiliens.

En Europe, 79 % des entreprises allemandes sont contrôlées par une même famille et emploient pratiquement 45 % des travailleurs actifs du pays. Ces entreprises sont à l’origine de plus des 2/5èmes du chiffre d’affaires national.

Quant à l’Asie, tout le monde sait que des sociétés familiales chinoises contrôlent une partie de la puissance économique beaucoup plus importante que le pourcentage relatif de la population qu’elles représentent (3 % d’entreprises familiales chinoises en Indonésie détiennent environ 70 % des entreprises du pays, et sont majoritaires dans le capital d’environ 80 % des entreprises les plus importantes du pays).

Source: Family Firm Institute, Inc., « Global Data Points », http://www.ffi.org ; consulté le 5 janvier 2012.

Identifier le « caractere familial distinctif » de l’entreprise

Considérer que l’histoire de la famille qui contrôle une société peut être une force positive est une attitude plutôt récente. De façon traditionnelle, les entreprises familiales qui cherchaient à se doter d’un directeur général extérieur ou de tout autre dirigeant n’appartenant pas à la famille considéraient ce changement comme un pas vers la « professionnalisation » de l’entreprise. Dans cette optique, pour que la société atteigne un nouveau niveau de croissance, il fallait qu’elle ressemble à une entreprise non familiale et agisse de la même façon, c’est-à-dire que ses processus décisionnels soient plus linéaires et cliniques, qu’elle concentre davantage ses efforts sur l’efficacité et le rendement à court terme, et que sa stratégie en matière de capital humain laisse moins de place aux sentiments personnels et à l’émotion.Cette ancienne approche présupposait que les cultures et priorités respectives de la famille et de l’entreprise étaient par nature contradictoires.

La pensée des spécialistes de l’entreprise familiale a évolué et s’est démarquée de cette approche au cours des dernières années. On reconnaît maintenant que les racines et le passé d’une entreprise familiale peuvent au contraire constituer des atouts exceptionnels. Le caractère unique de l’interaction entre l’entreprise, la famille dans sa globalité et les individualités au sein de cette même famille peuvent en fait permettre l’essor de valeurs, de points forts et de capacités que les dirigeants et le conseil d’administration devraient préserver même si l’entreprise effectue une transition vers une direction non familiale ou poursuit ce type de fonctionnement. Des recherches actuellement en cours tendraient à montrer que les entreprises familiales peuvent effectuer des investissements en capitaux à plus long terme et mettre à exécution plus rapidement des décisions entrepreneuriales par rapport aux autres entreprises, que leurs employés leur sont plus fidèles et qu’elles sont également plus impliquées dans la recherche et le développement nécessaires à la mise en place de nouvelles activités.

Les « caractères familiaux distinctifs »², ces caractéristiques familiales qui confèrent à l’entreprise un avantage sur le marché, ainsi que les différents aspects correspondants de l’entreprise, doivent être préservés plutôt que mis peu à peu à l’écart par le directeur général ou le membre de l’équipe dirigeante qui aura été recruté à l’externe.

Il est important de remarquer que ces caractères familiaux distinctifs varient au fil du temps et dépendent de la situation de l’entreprise par rapport à son cycle chronologique. Si le fondateur occupe toujours le poste de directeur général ou que des membres de la famille assument encore des fonctions au sein de la direction, les avantages associés au caractère familial de l’entreprise seront très vraisemblablement de nature concrète, avec par exemple une direction qui met la main à la pâte et qui apporte des connaissances techniques et des relations d’affaires. Si l’entreprise en est à un stade plus avancé du cycle, c’est-à-dire qu’elle est dirigée par des membres de la famille de troisième ou quatrième génération, les caractères familiaux distinctifs seront certainement plus abstraits, centrés sur des pratiques et des atouts culturels tels que les valeurs respectées par les employés, la réputation de l’entreprise sur le marché ou encore son modèle d’entreprise et sa structure organisationnelle.

De même qu’une société familiale profite de certains avantages dus à l’histoire de la famille, elle peut également être gênée par ce bagage familial : c’est ce que l’on peut appeler « caractère familial contraignant ». Ce caractère familial contraignant pousse souvent les membres d’une famille, les conseils d’administration et les dirigeants extérieurs à la famille à conclure que « famille » et « affaires » ne font pas bon ménage. En réalité, cependant, il suffit simplement de traiter ces facteurs de famille contraignants et d’en atténuer la portée, ce qui peut se faire sans pour autant renoncer aux aspects positifs de l’engagement familial. Si une structure de direction bicéphale, créée sur mesure pour une fratrie, a abouti à des prises de décision conflictuelles, l’entreprise peut revenir à une structure traditionnelle à un chef unique. Si la gestion des compétences et les stratégies de motivation n’attirent pas les meilleurs professionnels, la façon de penser et les pratiques du département RH peuvent être revues. Si les dirigeants appartenant à la famille, les membres du conseil d’administration et les actionnaires sont en conflit, il faut s’attacher à affronter directement ce problème et en déduire des politiques de gouvernance plus solides. Le prochain directeur général et son équipe doivent préserver le caractère familial distinctif de l’entreprise et s’attaquer aux problèmes causés par son caractère familial contraignant, ainsi qu’à tous les aspects de la culture de l’entreprise qui génèrent ces obstacles.

Il n’est pas toujours simple d’identifier ces caractéristiques, de distinguer immédiatement, dans une entreprise familiale, les aspects spécifiques à cette famille qui aident à la bonne marche de l’entreprise ou qui au contraire l’entravent. Ce phénomène est amplifié par le fait que les décisionnaires de la famille considèrent bien souvent leur société comme « juste une entreprise », en négligeant d’exploiter le rôle de la famille. Certaines entreprises familiales peuvent par ailleurs utiliser un « langage familial » privé qui leur permet de communiquer très efficacement mais peut empêcher l’organisation d’envisager les forces et les faiblesses de l’entreprise de façon plus analytique. Pour cette raison, le conseil doit alors inclure cette analyse objective dans la planification de la relève. L’utilisation d’un ensemble de questions diagnostiques peut faciliter l’exécution de ce processus analytique (voir le « Questionnaire de Diagnostic »).

Etude de cas

Une entreprise emblématique mondiale de fabrication, contrôlée par les propriétaires de la quatrième génération et dirigée par un directeur général permanent, peinait à résoudre certains problèmes mettant en péril la croissance du chiffre d’affaires et remettant en question sa capacité à survivre à long terme. Pour rester compétitive, l’entreprise devait réaliser un investissement technologique considérable, mais les actionnaires de la famille n’étaient pas d’accord quant à la part de capital à assigner à cet investissement. De même, des désaccords entre générations quant à la stratégie de développement produits menaçaient la position de leader de sa catégorie qu’occupait le fabricant depuis de nombreuses années.

Le défi
En cherchant un nouveau directeur général a l’extérieur de la famille, il était nécessaire à cette occasion d’atteindre un certain équilibre. Même si l’implication au long terme de la famille, avec son caractère familial distinctif, était souhaitable, il fallait introduire un décisionnaire fort et autonome qui pourrait, avec l’aval de la famille, emmener l’entreprise dans la bonne direction.

La solution
Plutôt que de limiter la recherche à des cadres supérieurs ayant l’expérience des organisations familiales, le comité de sélection cibla les dirigeants de sociétés financées par des capitaux privés possédant une expérience avérée de la mise en place rapide de changements. Les candidats devaient être passés maîtres dans l’art d’augmenter la productivité et de dynamiser la croissance en adoptant une approche consensuelle et un style de leadership inclusif. Cette démarche aboutit finalement au recrutement d’un directeur général possédant la patience et la motivation nécessaires pour mener sa mission à bien.

Figure 1: Structure organisationnelle et implication de la famille au fil du temps Gouvernance

 

Facteurs contextuels, externes et émotionnels

Une fois identifiées les caractéristiques de l’entreprise à préserver ou au contraire à atténuer lors de la sélection de dirigeants extérieurs, il faut sonder plus précisément et déterminer les facteurs contextuels, externes et émotionnels qui imprègnent l’environnement dans lequel se déroule le processus de relève. Le conseil d’administration peut ensuite intégrer les implications de cet environnement dans le processus de sélection.

Tout d’abord, le conseil d’administration doit évaluer l’implication de la famille et le contrôle qu’elle exerce au sein de l’entreprise. Ceci permet de déterminer de façon très concrète l’environnement dans lequel travaillera le future directeur général ou cadre dirigeant, ainsi que les qualités que doit présenter le prochain responsable de l’entreprise. La famille met-elle la main à la pâte pour diriger la société ou sa présence se limite-t-elle à la salle du conseil ? Les décisions sont-elles prises « en famille » ou des politiques et procédures plus formelles ont-elles été adoptées en la matière ? La Figure 1 propose quatre axes pour mesurer l’influence de la famille sur l’entreprise ; leur utilisation conjointe fournit un profil multidimensionnel très utile de l’implication de la famille.

Ensuite, le conseil d’administration doit intégrer l’environnement économique externe dans lequel l’entreprise opère. Ces facteurs, indépendants du fait que l’entreprise appartienne à une même famille, sont néanmoins d’une importance cruciale pour la réussite. L’environnement économique est-il assez stable et l’entreprise s’est-elle fixé une stratégie d’entreprise forte si bien qu’elle a besoin d’un dirigeant capable de s’appuyer sur une base solide ? Les marchés sont-ils au contraire agités et sujets aux changements apportés par la globalisation, par le renversement des barrières d’entrée ou encore par une innovation technologique accélérée, entraînant la nécessité de recruter un responsable capable de mettre en oeuvre des transformations ?

En associant les facteurs précédents dans un modèle à deux dimensions, il est possible d’évaluer les modifications de l’organisation et du marché auxquelles l’entreprise est confrontée par rapport au niveau d’implication et de contrôle de la famille. Ce modèle permet de distinguer quatre cas de figure (quatre environnements), pour la relève (voir Figure 2).

Chacun de ces quatre environnements correspond à un ensemble spécifique d’exigences pour le directeur général recherché. Mais le conseil d’administration doit prendre en compte la charge émotionnelle ressentie par la famille par rapport au changement. Dans quelle mesure les membres de la famille sont-ils d’accord sur ce que devrait être leur propre relation avec l’entreprise ? Quelle est la capacité de communication de la famille en tant que groupe? La culture de la famille est-elle une culture d’ouverture et d’échange ou de secret et de repli sur soi? Selon que cette charge émotionnelle est positive ou négative, des exigences supplémentaires doivent être introduites dans le processus de sélection du candidat.

Figure 2: Quatre environnements possibles pour la relève au sein d’une société familiale

 

Niveau élevé de changement, niveau faible de contrôle de la famille

Si la charge émotionnelle est positive : cette situation suggère le choix d’un responsable capable de mettre en oeuvre des transformations, une personne capable dès son arrivée de donner rapidement une nouvelle direction à l’entreprise ; le cadre dirigeant de remplacement pourrait même être officiellement un dirigeant à court terme. Avec une faible implication de la famille et l’absence de tension familiale, la préoccupation majeure sera la réussite de la transformation.

Si la charge émotionnelle est négative : si la famille est fragmentée, le dirigeant de la transformation risque d’exacerber ces divisions, étant donné que des groupes différents réagissent différemment aux changements déclenchés par le nouveau dirigeant ou la nouvelle dirigeante. La famille exerçant son influence dans la salle du conseil sans être activement impliquée dans la gestion, il est important que les directives de gouvernance de l’entreprise sur les changements en matière de vote, de contrôle et de direction soient explicites et qu’elles soient acceptées. L’établissement de limites précises permettra au dirigeant de la transformation de s’acquitter de sa tâche tout en respectant les droits des membres de la famille.

Niveau élevé de changement, niveau élevé de contrôle de la famille

Si la charge émotionnelle est positive : dans cette situation, le choix d’un responsable capable de mettre en oeuvre des transformations s’impose, mais il ou elle doit également être capable d’établir un partenariat solide avec la famille qui renonce peut-être pour la première fois au contrôle quotidien de son entreprise. Même avec ce partenariat, le changement est susceptible d’être mis en place plus lentement que le nouveau dirigeant ou la nouvelle dirigeante ne l’aimerait et c’est une situation qu’il ou elle doit pouvoir gérer.

Si la charge émotionnelle est négative : ce ou cette responsable capable de mettre en oeuvre des transformations doit également pouvoir évoluer dans une situation émotionnelle particulièrement délicate et être prêt à dépenser une énergie considérable pour faire régner la confiance et établir un certain niveau de confort. Défi supplémentaire à relever, il ou elle devra également succéder à un directeur général ou un cadre dirigeant appartenant à la famille. Les membres de la famille auront peut-être intérêt à recourir à un spécialiste de la dynamique familiale et des problèmes rencontrés par les entreprises familiales pour les aider à surmonter les nombreuses difficultés qu’ils rencontreront lors de cette transition.

Niveau faible de changement, niveau faible de contrôle de la famille

Si la charge émotionnelle est positive : cet environnement est soumis au nombre le moins élevé de facteurs externes. Il nécessite un dirigeant qui tienne la barre d’une main ferme et possède un palmarès avéré de réalisations dans l’activité principale.

Si la charge émotionnelle est négative : ce cas est analogue à celui d’une entreprise non familiale dans laquelle le nouveau directeur général ou la nouvelle directrice générale doit faire face à des actionnaires mécontents. Il doit pouvoir s’appuyer sur de solides compétences en matière de communication et de diplomatie.

Niveau faible de changement, niveau élevé de contrôle de la famille

Si la charge émotionnelle est positive : dans cette situation, il faut un fin stratège, capable de jouer sur le temps pour préparer petit à petit l’entreprise à son avenir. En outre, il ou elle devra établir un partenariat actif avec la famille et contribuer à maintenir son sens de l’unité.

Si la charge émotionnelle est négative : sans l’urgence d’un changement impératif, un environnement familial négatif peut mettre le dirigeant et la famille dans une situation d’impasse mêlant passivité et agressivité. Il ou elle devra avoir l’habitude d’être confronté à des problèmes particulièrement épineux et de mener des conversations difficiles afin d’éviter que cette situation de blocage ne s’éternise. Il pourrait également s’avérer judicieux de consulter un spécialiste de la dynamique familiale extérieur à l’entreprise.

Etude de cas

Une entreprise familiale mondiale spécialisée dans les biens de consommation et cotée en bourse devait agir rapidement pour combler les lacunes existant dans sa stratégie de planification de la relève. À l’origine de cette décision, la réduction de l’implication du président-directeur général, membre de la famille, dans le fonctionnement quotidien de l’entreprise, s’ajoutant au fait que le président n’avait pas suffisamment préparé sa relève. Par ailleurs, pour la première fois dans l’histoire de l’entreprise, il n’y avait pas de membres de la famille dans l’équipe dirigeante rendant compte directement au directeur général.

Le défi
Les directeurs indépendants du conseil exigeaient un plan de relève incluant des candidats n’appartenant pas à la famille, afin de disposer d’une réserve appropriée de responsables qualifiés capables de prendre la direction des opérations lors d’une transition, qu’il s’agisse d’un événement planifié ou d’une mesure d’urgence. Les discussions du conseil portèrent entre autres sur l’opportunité de séparer les fonctions de président et de directeur général, de nommer un candidat externe à la direction des opérations et/ou de maintenir un membre de la famille dans le poste de président du conseil d’administration.

La solution
Le conseil d’administration évalua les candidats internes et accepta de rechercher des candidats externes pour assurer immédiatement la relève du président-directeur général. Ce processus se déroula dans une atmosphère tendue, car il fallait à la fois assurer une nouvelle vitalité à l’entreprise mais aussi lui permettre de trouver un dirigeant ayant à coeur de préserver la culture spécifique à l’entreprise. Une solution équilibrée fut enfin trouvée en la personne d’un candidat externe qui fut nommé président et directeur de l’exploitation plutôt que PDG. Cette approche en deux temps permit ainsi d’incorporer une perspective et une expertise externes précieuses dans la direction de l’organisation, solution reconnaissant l’importance de l’adéquation du candidat, des attentes liées aux différents rôles et des traits caractéristiques de la famille présents dans la culture organisationnelle.

En résumé : il est essentiel d’identifier les critéres de sélection adéquats

Pour disposer de critères rigoureux et multidimensionnels sur lesquels s’appuyer lors du processus de relève, il est nécessaire d’identifier les caractéristiques de l’entreprise qui doivent être préservées et celles que l’on doit modifier, et de combiner cette identification à une analyse de l’environnement contextuel, externe et émotionnel de la relève. Même si le recrutement d’un directeur général ou d’un cadre dirigeant externe pour une société familiale s’avère toujours complexe, ce processus gagne en souplesse lorsque l’on peut s’appuyer sur des critères de sélection générés par les outils analytiques adéquats, ce qui augmente les chances de réussir l’opération de manière durable.

Questionnaire de Diagnostic

Les actionnaires ont-ils des points de vue à long terme analogues sur:

a. la continuité du rôle de la famille?
b. la vision, la direction et la forme qui seront adoptées par la société?
c. les modèles de gouvernance et d’organisation?
d. la répartition des forces dans le processus décisionnel?

La structure et les responsabilités du conseil d’administration sont-elles claires et nettes en ce qui concerne:

a. la représentation de la famille?
b. le processus de nomination et la durée du mandat?
c. le rôle de la présidence?
d. le champ d’action de l’autorité du conseil et ses relations avec la direction?

Qui contrôle la décision d’embauche, qui intervient dans cette décision?

a. S’agit-il exclusivement de la décision d’un conseil d’administration ou d’un comité de sélection?
b. Des membres de la famille disposent-ils d’un droit de veto, jouent-ils un rôle dans le processus des entretiens?
c. Certains membres de la famille, peut-être en dehors du conseil d’administration ou du comité de sélection, doivent-ils être consultés?

De quelle nature sont les modèles organisationnels et décisionnels?

a. Hiérarchique impliquant la présence d’un dirigeant qui prenne des décisions du haut?
b. Collaborative et consensuelle, impliquant le recours à la conversation et à la répétition?
c. Soumise à un certain contrôle « en coulisses » par des membres de la famille, quel que soit le modèle?

S’il y a un directeur général ou dirigeant sortant:

a. Quel sera son rôle après la relève?
b. Comment la prise de fonctions du nouveau dirigeant ou de la nouvelle dirigeante va-t-elle s’effectuer au sein de l’organisation existante?

Si des membres de la famille occupent des fonctions de dirigeants:

a. Quelle est la nature des relations?
b. Comment parvenir à un équilibre entre leur rôle professionnel et leur rôle en tant que propriétaires/membres du conseil d’administration?
c. A-t-on identifié une personne qui puisse jouer le rôle de médiateur pour ces problèmes?

À quelles exigences spécifiques le dirigeant doit-il satisfaire à ce stade précis de la trajectoire de l’entreprise? Doit-il être…?

a. Un sage à court terme capable de mener à bien une période de transition?
b. Un « absorbeur de chocs » capable de protéger l’organisation de la tourmente qui agite le conseil ou les actionnaires?
c. Un mentor de dernière génération capable de former les dirigeants plus jeunes?
d. Un fin stratège capable de mieux positionner l’entreprise sur le marché?


Russell Reynolds Associates

Leadership for a Changing World. (« Des dirigeants pour un monde en évolution »). Dans l’environnement actuel mondial des entreprises, la réussite dépend des compétences, des visions et des capacités de leadership des dirigeants.

Russell Reynolds Associates est un cabinet international de premier plan pour la recherche et l’évaluation de cadres dirigeants. Il dispose de plus de 300 consultants et possède 40 bureaux dans le monde entier. Nos consultants travaillent en étroite collaboration avec des organisations publiques et privées afin d’évaluer et de recruter des cadres dirigeants et des membres de conseils d’administration pour une croissance et une réussite de l’organisation à long terme. Nous avons acquis une connaissance approfondie des plus importants secteurs d’activité et des défis spécifiques auxquels les entreprises de nos clients sont confrontées.

Nous avons également appris à reconnaître ce qui fait l’efficacité d’un dirigeant. C’est pour cela que nous sommes en mesure de garantir à nos clients les meilleures équipes dirigeantes, pour une réussite continue de leur entreprise.www.russellreynolds.com

 

¹« entreprise familiale » décrit toute société, publique ou privée, dans laquelle les membres d’une seule famille exercent une influence stratégique considérable, soit par exemple en occupant les postes de direction de l’entreprise, des sièges au conseil d’administration, ou toute combinaison de ces deux scénarios.

²Habbershon, Timothy G. and Williams, Mary L., “A Resource-Based Framework for Assessing the Strategic Advantages of Family Firms,” Family Business Review 1999, 12:1.

Cet article et les modèles présentés dans les figures 1 et 2 sont le fruit d’un travail mené en collaboration avec Timothy Habbershon, Professeur associé en entreprenariat et entreprises familiales, Babson College.

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